[Oscar Wilde]
Je ne dors plus, ça m'empêche de rêver.
Je rêve éveillée, mais c'est une souffrance quand on s'imagine la vie en mieux tout en étant conscient. On fonde toujours des espoirs beaucoup trop grands. On se perd. Pourtant c'est si réaliste, ça pourrait exister, mais ça n'arrivera jamais. On est plein de désillusions, ça nous mange de l'intérieur. On finit par ne plus savoir ce que l'on veut, ce dont on a besoins, les actes de tous les jours se suivent machinalement, mais les petites choses qui différencient un matin de celui du lendemain ne sont plus là, ou on n'y porte plus attention. Les joies des autres nous font plaisir, juste un peu, et leurs malheurs nous donnent envie de vomir, mais on avait déjà mal au c½ur, alors on écoute leurs lamentations d'une oreille. Dans l'autre il y a ce bourdonnement de colère qui ne nous lâche pas. On entend sans arrêt cette agressivité qui sommeille en nous, elle sort un peu parfois, mais ça n'est presque rien. On accumule du mal, de la violence, on fait tout pour qu'elle ne se retourne pas contre ceux qu'on aime. On sourit un peu, on rigole parfois, et le soir on repousse l'heure du coucher.
La nuit on pleure, en espérant que les battements de hargne se tairont, que la douleur va s'estomper et qu'on va être heureux comme avant. On attend que nos yeux se ferme, des heures durant, en se laissant tuer par le noir.
Mais le Marchand de sable m'a abandonné, il est encore au Pays du Désert, et moi je suis noyée dans le Royaume des Neiges que j'aime tant. Un être cher a fait de moi la Princesse, mais maintenant j'ai peur de finir Reine des Glaces... ...éternellement gelée.
"J'ai froid vous savez, j'ai si froid..."
Bisous Tendus. C.
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